Une journée très spéciale

Lundi 25 novembre nous étions à Pak Beng au Laos au « Mekong Eléphant Park » pendant toute la journée.

Nous avons eu la chance de faire la connaissance de trois magnifiques éléphantes du nom de: Mae Ping (se prononce Mé Ping) l’aspirateur, 19 ans elle est dans le parc depuis 10 ans, Mae Bounma la câline, entre 28 et 35 ans, elle est dans le parc depuis 9 mois, Mae Kham (se prononce Mé Kram) la mamie, 60 ans, dans le parc depuis 10 ans.

On sait reconnaitre Mae Ping par ses petites défenses que les autres n’ont pas (elles les perdent vers 25 ans) mais surtout car comme le dit son surnom: quand il y a à manger elle se rue dessus et tente de voler aux autres.

Mae Bounma on la reconnait car elle est toujours avec Mae Ping, elles sont inséparables et tellement contentes d’être ensemble, on a bien vu que les éléphantes sont des animaux très sociaux.

Mae Kham c’est celle qui a les oreilles les plus trouées par l’âge. C’est en regardant les oreilles de éléphants que les humains peuvent savoir l’âge d’un éléphant (plus ou moins déchirées) et aussi en regardant les défenses.

Wendy nous a dit qu’ils avaient un quatrième éléphant, un mâle du nom Kham Khoun (28 ans). Nous n’avons pas pu le voir car il était en plein Musth (période des chaleurs). Il était isolé dans la forêt car son comportement peut être dangereux pour les autres éléphants et pour les hommes.

Nous sommes partis faire une balade avec Mae Ping et Mae Bounma. Mae Kham n’est pas venue, elle préférait se reposer. Les deux éléphantes s’arrêtaient à toutes les plantes de bambou pour en manger quelques feuilles. 

Trois fois Mae Ping est sortie du chemin pour aller chercher des bambous plus verts, elle n’en a fait qu’à sa tête. Elles ne voulaient jamais avancer donc leur cornac (métier de dresseur d’éléphant) les motivaient avec des morceaux d’épis de maïs. Elles bougent leur corps de trois tonnes avec beaucoup de souplesse et d’agilité sur le petit sentier de montagne. Elles portent de jolies cloches en bois de bambou à leur cou, car si elles n’en avaient pas elles se fondraient dans le paysage. On peut les repairer que avec le son de leur cloche ou avec le bambou qui bouge quand elles l’arrachent. C’était impressionnant de marcher à coté d’elles, ou plutôt devant elles car elles trainent tout le temps. 

Vers la fin de la balade Mae Bounma a trouvé un arbre très à son goût donc elle a saisi le tronc et l’a cassé pour ensuite manger les feuilles de trois branches. Elle a laissé le reste pour Mae Ping. 

Lorsque nous avons atteint la destination finale de la balade, Mae Bounma s’est arrêtée et a appelé Mae Ping. Quand elle l’a rejoint elles se sont fait un très gros câlin, d’où le surnom de Mae Bounma (la câline). 

Nous sommes descendus au Mekong où elles ont fait la même chose avec Mae Kham qui nous attendait au bord de l’eau. Elles ont bu de l’eau mais n’étaient pas motivées à se baigner. Ensuite les cornacs sont montés sur leurs dos et ensemble sont remontés vers la zone de loisir.  Les cornacs et les éléphantes se connaissent depuis toujours et ont une relation très forte entre eux. 

Nous avons retrouvé notre guide Wendy, une française très sympathique qui travaille au parc depuis 2 ans avec son ami Benoit (qui s’occupe plutôt de l’hotel). 

Après le repas, on allait partir avec un cornac quand un autre est arrivé avec une tarentule dans la main. Il lui avait déjà arraché les dents donc elle ne pouvait pas lui faire de mal. Il a demandé si nous voulions la prendre dans les mains, ce que j’ai volontiers accepté. Je l’ai prise en main et ma maman et mon frère m’ont dit que j’étais fou. J’ai répondu qu’elle faisait juste des chatouilles. C’était impressionnant d’avoir une si grande araignée dans les mains. 

Nous sommes repartis avec les cornacs à la recherche d’aliments pour la préparation de bonbons pour éléphants. Nous nous sommes promenés dans le jardin du parc et le monsieur nous a dit que tous les ingrédients se trouvaient dans la nature et sont mangeables pour eux (les cornacs). Quand nous les avons tous trouvés, j’ai pu utiliser une machette pour les découper. Puis nous les avons pillés et rassemblés en petites boules. Les cornacs les laisseront sécher au soleil avant de les donner aux éléphants.

Wendy nous a montré les ateliers. Il y avait Mme Mee qui faisait des foulards avec un métier à tisser, M. Mong qui faisait des paniers en bambou et M. Kham le forgeron, qui faisait des couteaux et les aiguisait. 

Il y avait aussi une petite boutique où nous pouvions acheter des oeuvres des artisants et j’ai eu la chance de pouvoir m’acheter un couteau. 

A la fin, Wendy et le cornac de Ma Ping nous ont montré comment ils ont réussi à la dresser pour le contrôle médical. Elle arrivait dans l’enclos et tant qu’elle recevait des bouts de banane elle était d’accord de présenter une patte ou l’autre. Avec cette technique ils peuvent faire des prises de sang, lui laver les orteils si elle a une infection et vérifier que tout va bien. Ils envoient les prises de sang chaque semaine au Centre de Conservation National à Sayaboury pour que là-bas ils essaient de comprendre quand Mae Ping pourrait faire un petit.

En fin de journée les trois éléphantes nous ont accompagnés au départ de notre bateau. Nous avons passé une journée inoubliable avec ces magnifiques animaux et il était difficile de les quitter. 

Wendy nous a aussi dit que les éléphants d’Asie n’ont pas de défenses. Seulement quelques mâles en ont des grandes, et les femelles en ont toutes des petites avant 25 ans. Ils n’ont pas de défenses car ils n’ont pas besoin de casser le sol pour aller chercher de l’eau comme les éléphants d’Afrique. Et aussi car s’ils avaient des défenses, ils se coinceraient dans la jungle et la forêt. L’éléphant d’Asie est un animal de forêt et de montagne.

Timothée l’ami des éléphants 🐘 🐘🐘🐘🐘

Voici une petite video de cette incroyable journée.

Nous avons fait des dessins d’éléphants. Les voici ci-dessous. Arriverez-vous à deviner qui a fait quel dessin? Attention il y a un piège, il y a 6 dessins et nous sommes 5 ! 🥴 😁 😉

Merci beaucoup à Wendy et à tout le staff du Mekong Eléphant Park. Si vous passez par Pak Beng n’hésitez pas à les contacter: www.mekongelephantpark.com/accueil.html
Et voici aussi l’adresse du Centre de Conservation des Eléphants pour plus d’informations sur les éléphants au Laos: www.elephantconservationcenter.com
Et un site qui explique tout sur les éléphants:
https://vie-des-elephants.blogspot.com notamment pourquoi ils sont en danger: https://vie-des-elephants.blogspot.com/2013/02/survie-et-protection.html

Note de fin (par Léonard): ce fut non seulement une belle journée, mais aussi une journée de réflexion. Auparavant, nous ne savions rien des éléphants et nous avons appris à les connaitre, mais aussi à comprendre la situation difficile dans laquelle ils sont.
Nous avons compris que les éléphants :
– sont très intelligents, capables d’apprendre beaucoup de gestes et dotés d’une grande mémoire,
– sont très sociaux et ont besoin de vivre en groupe (les femelles),
– ont besoin de manger environ 250kg de nourriture par jour,
– sont très craintifs et sensibles malgré leur masse très imposante, le moindre bruit suspect dans la jungle ou le vrombissement d’un moteur les fait fortement réagir.
Face à ce constat, la vie des éléphants avec les hommes ne fonctionne pas. S’il ne tue pas directement l’éléphant pour le revendre ou parce que celui-ci empiète sur ses cultures, l’homme détruit les forêts qui est l’habitat et la source de nourriture de l’éléphant. L’éléphant est donc voué à disparaitre très rapidement. Leur nombre à l’état sauvage se réduit de jour en jour, et rares sont les naissances.
De même, les éléphants domestiqués ont longtemps été utilisés pour le travail du bois, puis remplacés par des machines de déforestation plus efficaces. Aujourd’hui, ils sont principalement utilisés à des fins touristiques, et dès lors privés d’apprentissage, de socialisation et de liberté pour se nourrir convenablement (comment trouver 250kg de nourriture en étant enchainé toute la journée?). Un éléphant travaillant comme attraction touristique semble privé de son âme.
Nous vous conseillons de bien vous renseigner avant d’aller à leur rencontre et de choisir consciencieusement le lieu que vous visiterez. Il n’y a malheureusement pas beaucoup d’endroits comme celui que nous avons eu la chance de visiter, où les éléphants sont peu sollicités, peuvent vivre dans un environnement naturel et se nourrir naturellement, ne sont pas enchainés ni utilisés pour porter des touristes et sont respectés le plus possible.

Le boss du bus

Aujourd’hui je vais vous raconter notre passage de la frontière entre le Vietnam et le Laos.

Pour partir de Sa Pa nous avons décidé de prendre un bus de nuit prévu pour 18h30. Donc toute la journée nous avons attendu le bus en écrivant des trucs. A 18h00, Timothée, Céliane, papa et moi nous sommes allés chercher des sandwichs à la saucisse. A 18h25 nous sommes retournés l’hôtel pour prendre le bus, maman nous y attendait et nous dit que le bus n’était pas encore là. Le patron de l’hôtel nous confirme (après un coup de téléphone) qu’il arrivera dans une heure.

Une heure plus tard, il n’est toujours pas là. Après un autre coup de téléphone le patron nous dit qu’on doit attendre encore 10 minutes. 10 minutes plus tard, il n’est pas là non plus, mais le patron nous dit de nous préparer car il va arriver. Il a fallu encore 12 minutes pour qu’il arrive et pour que nous puissions enfin monter dans le bus. 

Après nous avoir dit au revoir, le patron nous dit que nous pouvons dormir au milieu du bus pour être le plus confortable. Mais l’aide chauffeur n’est pas du même avis. Alors, après 10 minutes à lui expliquer que nous voulons dormir au milieu, nous nous retrouvâmes quand même tout derrière, là où c’est le moins confortable. 

Dès que nous commençons à nous installer le bus se décide enfin à partir. Devant nous il y a une dame avec son bébé qui a décidé de s’installer au milieu du bus, entre les sièges, là où on marche. A droite il y a une dame au téléphone. Les vietnamiens crient pour être sûr que la personne à l’autre bout du fil les entende bien (comme Ron dans Harry Potter). A droite, une couchette plus bas il y a une autre dame qui dort. Le bébé hurle et se balade un peu partout. Maman commence à raconter une histoire à Céliane mais le bébé veut aussi écouter et il essaye de monter sur maman pour… en fait je ne sais pas pourquoi, mais il le fait quand même, alors il doit bien y avoir une raison. Il essaye de toucher la liseuse de maman mais il n’y arrive pas. Alors il vient vers moi pour tenter sa chance, mais je lui tourne le dos, donc il n’y arrive pas non plus. Tout à coup, le bus fait un virage et le bébé tombe par terre et il commence à hurler. Sa maman le prend et le calme en lui donnant des fessées, ce qui le fait crier de plus belle. 2 minutes plus tard il arrête et il s’endort enfin et au même moment le chauffeur éteint les lumières du bus.

Ma maman, mon frère et moi éteignons nos liseuses. Ma soeur et mon frère s’endorment super rapidement. Maman ne tarde pas non plus (enfin c’est ce que je crois). Seuls moi et mon papa (toujours sur son natel) nous ne trouvons pas le sommeil tout de suite. À 22h le bus s’arrête devant le restaurant d’une petite ville, le chauffeur a rallumé toutes les lumières dans le bus et les gens qui pensaient pouvoir dormir ont été réveillés pour aller aux toilettes.

A 22h45 nous repartons et la dame qui dormait est venue se mettre à coté de l’autre dame avec son bébé, et elles ont commencé à jouer à des jeux vidéo. Heureusement elles n’ont pas mis de son, ouf! Après une bonne demie-heure elles ont commencé à regarder des vidéos, sauf que cette fois elles ont mis du son. Les vidéos ne faisaient pas trop de bruit, mais quand elles en ont eu marre, elles ont recommencé à jouer. Je n’ai même pas essayé de dormir. Il y avait deux jeux, le premier ne faisait pas beaucoup de bruit mais le deuxième faisait tout le temps de la musique. Il leurs a fallu 30 minutes pour se rendre compte qu’elles faisaient trop de bruit et il m’a fallu encore 40 minutes pour m’endormir.

A mon réveil il était 4 heures du matin et il n’y avait plus personne dans le bus, à part nous cinq. Nous avons pris nos affaires et sommes sortis du bus pour rentrer dans un autre bus. Dans cet autre bus il n’y avait personne, même pas de conducteur. A 4h35 nous sommes montés dans le bus et vers 5h deux français, deux polonais et un japonais sont arrivés. A 5h30 nous sommes partis après que le chauffeur, deux aides chauffeurs et quatre vietnamiens soient arrivés. 200m plus loin nous nous arrêtons à un marché où deux vietnamiens entrent dans le bus. Le chauffeur commence à négocier des trucs et deux autres vietnamiens entrent dans le bus avec leurs gros sacs. Les sacs sont mis sur le toit et les gens à l’intérieur. 

Après deux ou trois négociations, des aliments, des affaires négociées et des nouvelles personnes nous rejoignent et nous partons à 23 pour le Laos. Et pourtant on s’arrête aux deux prochains marchés pour aller chercher de nouvelles affaires et des personnes. A 45 pour 27 places nous arrivons à notre dernier arrêt, où deux autres personnes nous attendent. Mais finalement ce sont cinq personnes qui entrent dans le bus. Ce dernier arrêt était dans une petite route bien serrée où nous passons de justesse. Après une ou deux minutes nous arrivons à une intersection, et le chauffeur tourne à gauche. Il essaye une première fois, et moi qui suis du côté de la vitre je vois bien que nous ne passerons pas et que la roue va passer en bas.  Il va tout doucement puis il recule pour mieux négocier son virage. Il prend son élan et avance et finit par se coincer dans un trou avec la roue arrière. Je l’avais pourtant prévenu, mais il ne m’a pas écouté. 

Tout le monde sort pour voir les dégâts, à part deux ou trois personnes. Nous voyons que les boulons de la suspension sont cloué au sol. Ils essayent de soulever le bus avec un cric. La première fois le cric lâche et les dernières personnes qui étaient encore dans le bus sortent en courant. Ils mettent des cailloux sous la roue pour repartir. Après vingt minutes à attendre, 10 vietnamiens commencent à pousser le bus vers l’avant. Ils poussent, poussent, poussent et le bus avance, puis tombe de l’autre coté de la route. Heureusement cette fois, ils arrivent assez facilement à le faire sortir et le remettre droit sur la route. Avant de repartir, le chauffeur trouve un gros boulon par terre, le regarde attentivement, puis le lance sur le bord de la route en haussant les épaules.

Après quelques vérifications nous partons enfin pour Muang Khua. En arrivant à la grande route un panneau indique Muang Khua à gauche et Dien Bien Phu à droite. Comme c’est une journée spéciale, contrairement à toute attente nous tournons à droite. Nous revenons jusqu’à notre ville de départ, et arrivons à un garage pour changer la suspension car quand il est tombé dans le trou un des deux boulons a bel et bien lâché (celui que le chauffeur regardait juste avant était bien le nôtre…). Le garagiste fait fondre le deuxième boulon car il est voilé et il remplace la pièce qui tient la suspension. Après avoir remis les roues nous repartons cette fois-ci pour de vrai au Laos. Notre bus avait démarré à 5h30, et maintenant il est 8h30. Nous avons donc trois heures de retard sur le programme. 

Quelques km avant la douane nous constatons que nous n’avons pas de photos d’identité pour nos visas, ils sont dans le sac à dos de ma maman, sur le toit. Impossible de les atteindre. Pour finir nous passons la douane, et n’avons pas eu besoin des photos, ouf. En tant que Suisses nous avons le droit de rentrer au Laos sans visas si on reste moins de quinze jours. A la douane ce ne fut pas trop compliqué, mais surtout super long, car avec 50 personnes dans le bus de 27 places, ça va quand même beaucoup moins vite que si on est que 27. Je ne tarde pas à enfin m’endormir et je me réveille à Muang Khua au Laos. 

Nous sortons du bus et attendons que l’aide chauffeur, qui est sur le toit nous passe nos sacs. Nous attendons du côté du trottoir et quand le bus repart nous voyons nos sacs de l’autre côté du bus, au milieu de la route, nous courrons donc les chercher, puis nous partons à la recherche d’un endroit pour dormir. Nous le trouvons facilement mais les gens qui nous accueille sont tellement gentils qu’ils proposent à papa de boire un (ou plutôt deux) shots de lao lao!! Un alcool à 40° que les Laotiens boivent toujours 2 verres par 2 verres. Au vu de la fatigue et la faim accumulées ces dernières heures, mon papa n’était pas bien, et il s’est endormi sur la table du restaurant en attendant que notre commande arrive.

Si une fois vous passez par là, faites le bon choix… 😬😬😬

Amael le voyageur 🧳