Le boss du bus

Aujourd’hui je vais vous raconter notre passage de la frontière entre le Vietnam et le Laos.

Pour partir de Sa Pa nous avons décidé de prendre un bus de nuit prévu pour 18h30. Donc toute la journée nous avons attendu le bus en écrivant des trucs. A 18h00, Timothée, Céliane, papa et moi nous sommes allés chercher des sandwichs à la saucisse. A 18h25 nous sommes retournés l’hôtel pour prendre le bus, maman nous y attendait et nous dit que le bus n’était pas encore là. Le patron de l’hôtel nous confirme (après un coup de téléphone) qu’il arrivera dans une heure.

Une heure plus tard, il n’est toujours pas là. Après un autre coup de téléphone le patron nous dit qu’on doit attendre encore 10 minutes. 10 minutes plus tard, il n’est pas là non plus, mais le patron nous dit de nous préparer car il va arriver. Il a fallu encore 12 minutes pour qu’il arrive et pour que nous puissions enfin monter dans le bus. 

Après nous avoir dit au revoir, le patron nous dit que nous pouvons dormir au milieu du bus pour être le plus confortable. Mais l’aide chauffeur n’est pas du même avis. Alors, après 10 minutes à lui expliquer que nous voulons dormir au milieu, nous nous retrouvâmes quand même tout derrière, là où c’est le moins confortable. 

Dès que nous commençons à nous installer le bus se décide enfin à partir. Devant nous il y a une dame avec son bébé qui a décidé de s’installer au milieu du bus, entre les sièges, là où on marche. A droite il y a une dame au téléphone. Les vietnamiens crient pour être sûr que la personne à l’autre bout du fil les entende bien (comme Ron dans Harry Potter). A droite, une couchette plus bas il y a une autre dame qui dort. Le bébé hurle et se balade un peu partout. Maman commence à raconter une histoire à Céliane mais le bébé veut aussi écouter et il essaye de monter sur maman pour… en fait je ne sais pas pourquoi, mais il le fait quand même, alors il doit bien y avoir une raison. Il essaye de toucher la liseuse de maman mais il n’y arrive pas. Alors il vient vers moi pour tenter sa chance, mais je lui tourne le dos, donc il n’y arrive pas non plus. Tout à coup, le bus fait un virage et le bébé tombe par terre et il commence à hurler. Sa maman le prend et le calme en lui donnant des fessées, ce qui le fait crier de plus belle. 2 minutes plus tard il arrête et il s’endort enfin et au même moment le chauffeur éteint les lumières du bus.

Ma maman, mon frère et moi éteignons nos liseuses. Ma soeur et mon frère s’endorment super rapidement. Maman ne tarde pas non plus (enfin c’est ce que je crois). Seuls moi et mon papa (toujours sur son natel) nous ne trouvons pas le sommeil tout de suite. À 22h le bus s’arrête devant le restaurant d’une petite ville, le chauffeur a rallumé toutes les lumières dans le bus et les gens qui pensaient pouvoir dormir ont été réveillés pour aller aux toilettes.

A 22h45 nous repartons et la dame qui dormait est venue se mettre à coté de l’autre dame avec son bébé, et elles ont commencé à jouer à des jeux vidéo. Heureusement elles n’ont pas mis de son, ouf! Après une bonne demie-heure elles ont commencé à regarder des vidéos, sauf que cette fois elles ont mis du son. Les vidéos ne faisaient pas trop de bruit, mais quand elles en ont eu marre, elles ont recommencé à jouer. Je n’ai même pas essayé de dormir. Il y avait deux jeux, le premier ne faisait pas beaucoup de bruit mais le deuxième faisait tout le temps de la musique. Il leurs a fallu 30 minutes pour se rendre compte qu’elles faisaient trop de bruit et il m’a fallu encore 40 minutes pour m’endormir.

A mon réveil il était 4 heures du matin et il n’y avait plus personne dans le bus, à part nous cinq. Nous avons pris nos affaires et sommes sortis du bus pour rentrer dans un autre bus. Dans cet autre bus il n’y avait personne, même pas de conducteur. A 4h35 nous sommes montés dans le bus et vers 5h deux français, deux polonais et un japonais sont arrivés. A 5h30 nous sommes partis après que le chauffeur, deux aides chauffeurs et quatre vietnamiens soient arrivés. 200m plus loin nous nous arrêtons à un marché où deux vietnamiens entrent dans le bus. Le chauffeur commence à négocier des trucs et deux autres vietnamiens entrent dans le bus avec leurs gros sacs. Les sacs sont mis sur le toit et les gens à l’intérieur. 

Après deux ou trois négociations, des aliments, des affaires négociées et des nouvelles personnes nous rejoignent et nous partons à 23 pour le Laos. Et pourtant on s’arrête aux deux prochains marchés pour aller chercher de nouvelles affaires et des personnes. A 45 pour 27 places nous arrivons à notre dernier arrêt, où deux autres personnes nous attendent. Mais finalement ce sont cinq personnes qui entrent dans le bus. Ce dernier arrêt était dans une petite route bien serrée où nous passons de justesse. Après une ou deux minutes nous arrivons à une intersection, et le chauffeur tourne à gauche. Il essaye une première fois, et moi qui suis du côté de la vitre je vois bien que nous ne passerons pas et que la roue va passer en bas.  Il va tout doucement puis il recule pour mieux négocier son virage. Il prend son élan et avance et finit par se coincer dans un trou avec la roue arrière. Je l’avais pourtant prévenu, mais il ne m’a pas écouté. 

Tout le monde sort pour voir les dégâts, à part deux ou trois personnes. Nous voyons que les boulons de la suspension sont cloué au sol. Ils essayent de soulever le bus avec un cric. La première fois le cric lâche et les dernières personnes qui étaient encore dans le bus sortent en courant. Ils mettent des cailloux sous la roue pour repartir. Après vingt minutes à attendre, 10 vietnamiens commencent à pousser le bus vers l’avant. Ils poussent, poussent, poussent et le bus avance, puis tombe de l’autre coté de la route. Heureusement cette fois, ils arrivent assez facilement à le faire sortir et le remettre droit sur la route. Avant de repartir, le chauffeur trouve un gros boulon par terre, le regarde attentivement, puis le lance sur le bord de la route en haussant les épaules.

Après quelques vérifications nous partons enfin pour Muang Khua. En arrivant à la grande route un panneau indique Muang Khua à gauche et Dien Bien Phu à droite. Comme c’est une journée spéciale, contrairement à toute attente nous tournons à droite. Nous revenons jusqu’à notre ville de départ, et arrivons à un garage pour changer la suspension car quand il est tombé dans le trou un des deux boulons a bel et bien lâché (celui que le chauffeur regardait juste avant était bien le nôtre…). Le garagiste fait fondre le deuxième boulon car il est voilé et il remplace la pièce qui tient la suspension. Après avoir remis les roues nous repartons cette fois-ci pour de vrai au Laos. Notre bus avait démarré à 5h30, et maintenant il est 8h30. Nous avons donc trois heures de retard sur le programme. 

Quelques km avant la douane nous constatons que nous n’avons pas de photos d’identité pour nos visas, ils sont dans le sac à dos de ma maman, sur le toit. Impossible de les atteindre. Pour finir nous passons la douane, et n’avons pas eu besoin des photos, ouf. En tant que Suisses nous avons le droit de rentrer au Laos sans visas si on reste moins de quinze jours. A la douane ce ne fut pas trop compliqué, mais surtout super long, car avec 50 personnes dans le bus de 27 places, ça va quand même beaucoup moins vite que si on est que 27. Je ne tarde pas à enfin m’endormir et je me réveille à Muang Khua au Laos. 

Nous sortons du bus et attendons que l’aide chauffeur, qui est sur le toit nous passe nos sacs. Nous attendons du côté du trottoir et quand le bus repart nous voyons nos sacs de l’autre côté du bus, au milieu de la route, nous courrons donc les chercher, puis nous partons à la recherche d’un endroit pour dormir. Nous le trouvons facilement mais les gens qui nous accueille sont tellement gentils qu’ils proposent à papa de boire un (ou plutôt deux) shots de lao lao!! Un alcool à 40° que les Laotiens boivent toujours 2 verres par 2 verres. Au vu de la fatigue et la faim accumulées ces dernières heures, mon papa n’était pas bien, et il s’est endormi sur la table du restaurant en attendant que notre commande arrive.

Si une fois vous passez par là, faites le bon choix… 😬😬😬

Amael le voyageur 🧳 

Dans le cochon tout est bon

Dans toutes les villes du Vietnam, il y a un marché. Ces marchés sont très spéciaux car il y a des gens qui vendent des trucs auxquels nous n’avons pas l’habitude chez nous. Je vous raconte ce que j’ai vu dans celui de la ville de Sa Pa.

Il y a des forêts de pattes de poulets déplumés. Il y a des pigeons en cage: ils sont toujours vivants mais les os de leurs ailes et de leurs pattes sont cassés, ils sont tous dans une petite cage.

Nous trouvons également des têtes de cochons coupées en quatre, et leur cerveau 🧠, leur foie, leur coeur, etc. sont également exposés. Les pattes et les oreilles des cochons sont aussi au rendez-vous.

Des poissons nagent dans un aquarium ou juste dans une bassine. Quand quelqu’un décide d’en acheter un, il se fait assommer, écailler, « dé-nageoirer », vider et découper, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que des morceaux de poissons. Ils les emballent dans quatre sacs en plastique, puis ils attachent les sacs au scooter et rentrent à la maison.

Ils mettent aussi dans des sacs en plastique les poules vivantes avec les pattes attachées et font un petit trou pour qu’elle puisse respirer, et à la maison ils la préparent pour la manger.

Il y a aussi des têtes de chien et de la viande de chien!

Pour un peu plus basique, il y a des gens qui vendent et qui aiguisent des machette et surtout il y a … LA CANNE A SUCRE!! Impossible de la trouver chez nous. Dommage car on adore en manger.

Mais ce que j’ai préféré ce sont les vrais fruits qu’on trouve ici. Des vraies mangues, des vraies bananes, des vraies grenades blanches ou rouges, des vraies mandarines, des vrais « pomelo ». Ils font aussi des jus de fruits très très bons. 

On essaie de boire le plus de jus de fruit possible, mais si tu es un vrai touriste tu peux aussi avoir une boisson comme du Coca-Cola, du Sprite, du Fanta ou de la bière (à part le Rivella) comme nous avons chez nous et que eux ne consomment pas.

Amael le voyageur 🧳

Le Vietnam avec Em

Nous avons passé 5 jours chez une famille de vietnamiens très sympa dans un petit village proche de Sa Pa dans le nord du pays. 

Dans la famille il y a la maman Em, le papa Tcha, le fils Vang de 7 ans et la fille Xi (se prononce Si) de 5 ans. Em travaille comme guide.

Chaque jour nous sommes allés faire des balades dans les rizières. Il y avait beaucoup de boue car les rizières sont toujours inondées, car le riz pousse dans l’eau. 

La première balade nous l’avons faite avec d’autres Suisses que nous avons rencontrés chez Em (Inès et Vincent, qui habitent en fait à 10km de chez nous en Suisse). A midi nous avons mangé ensemble puis ils sont partis en scooter pour Sa Pa. 

Le lendemain nous sommes allés faire une balade avec Em et Xi. On a découvert que les enfants vietnamiens adorent marcher, mais n’ont pas de chaussures de marche. Ils ont seulement des petites pantoufles en plastique, mais ils courent quand même devant nous et ne glissent pas dans la boue. Xi a beaucoup rigolé quand Amael ou moi glissions dans la boue et mettions les pieds dans les rizières pleines d’eau. Le soir elle était très fière de raconter à son papa qu’elle n’avait pas glissé dans la boue comme nous.

A la fin de la balade, Tcha, qui rentrait du marché, nous a pris sur son scooter pour nous ramener à la maison. Nous étions 4 sur le scooter. 

Le jour suivant Amael a été malade et il a dû rester à la maison avec Xi, les cousins et les grands-parents. Nous sommes allés nous balader avec Tcha et Vang, car Em a dû ramener d’autres touristes à Sa Pa (Eva et Sophia). On est monté jusque tout en haut de la montagne et Vang courait lui aussi devant. Tout en haut de la montagne nous avons trouvé un gros caillou, parfait pour faire de l’escalade. Nous l’avons escaladé et Vang courait même en grimpant. J’ai fait toute la balade en tongs comme les enfants vietnamiens et j’ai fait de l’escalade à pieds nus.

Em et Tcha ont cuisiné pour nous et Céliane a pu les aider. Nous avons toujours très bien mangé. Au petit déjeuner il y avait des crêpes, des morceaux de fruits, des bananes et des beignets aux bananes (on a pris la recette et on se réjouit d’en refaire à la maison). Le soir aussi on a trop bien mangé: du riz avec des haricots, des patates, des nems (rouleaux de printemps) et de la viande. Il y avait toujours énormément à manger!

Le matin de notre départ, Vang nous a montré ses jouets: deux animaux en plastique, une trentaines de perles que nous avons utilisées comme des billes, des mini-pistolets en plastique qui tirent des petits cailloux avec un élastique. Il n’avait pas beaucoup de jouets, mais nous avons beaucoup joué et nous nous sommes amusés avec lui, sa soeur et ses cousins. Les enfants dans les villages n’ont presque pas de jouets mais ils jouent dehors et ils sont tous super heureux. Xi et une de ses cousines ont commencé à m’attraper et j’ai dû me réfugier sur les sacs de riz, où elles n’arrivaient pas à aller. Nous avons joué à ça pendant longtemps. Elles se rappelaient seulement de mon prénom et elles aimaient le dire. Ils sont chrétiens et Timothée est un nom biblique, voilà pourquoi. Nous parlions pas la même langue et il était difficile de communiquer, mais cela ne nous a pas empêché de beaucoup rigoler. 

Une vie de vietnamienne

Tous les jours que nous avons passés avec Em, elle nous a expliqué plein de choses sur le Vietnam et sa région. Voilà ce qu’elle nous a appris sur sa vie. 

Em fait partie de l’ethnie des Hmong noirs, une des 54 ethnies minoritaires du Vietnam. Ses parents ont eu 8 filles puis 2 garçons, ils ont fait beaucoup enfants pour avoir des garçons, car quand les filles se marient elles partent vivre dans la famille du mari. Donc c’est important d’avoir des garçons car ils restent dans le village en se mariant et ce sont eux qui s’occupent des parents quand ils sont vieux et héritent des rizières.

Em a commencé l’école à 4 ans, peu de temps après elle a dû aller aider sa mère et ses soeurs à cultiver le riz des voisins, car ils n’en avaient pas assez pour nourrir toute la famille. Très jeune elle a commencé à coudre ses propres vêtements traditionnels et à faire des travaux ménagers pour la famille.

Elle s’est mariée à 17 ans, avec Tcha et elle est allée vivre dans la famille de son mari, car c’est comme ça qu’on fait au Vietnam. Il lui a fait la cour, ils se sont vus 3 ou 4 fois, puis il a fait la demande de mariage à ses parents. Les parents de Tcha lui ont dit « oui » et sont allés eux-même demander aux parents de Em, qui ont été d’accord. Avec des « témoins » ils ont choisi combien la famille de Tcha devait payer pour que Em vienne vivre chez eux (par exemple: un cochon, 5 poulets, deux sacs de riz et de l’argent). Em nous a dit que son mari avait de la chance car son prix était peu élevé parce que ses parents avaient eu beaucoup de filles.

Les jeunes mariés ont vécu une année avec les parents de Tcha puis ont construit leur propre maison proche de celle des parents. Un an après leur mariage ils ont eu leur premier enfant, Vang. En même temps, la maman de Em a eu son dixième enfant! Em a dit que c’était difficile d’être enceinte en même temps que sa maman. Sa maman s’est mariée à 15 ans, a eu son premier enfant à 16 ans et le dernier à 48 ans. 

Em a appris l’anglais grâce au tourisme, en faisant guide depuis qu’elle avait 16 ans. Depuis 3 ans elle fait guide à son propre compte et ils ont fait de leur maison un Homestay pour accueillir les touristes.

Em et Tcha ne pense pas avoir d’autres enfants car ils aimeraient pouvoir leur payer des études pour qu’ils quittent le village et aient une vie différente.

Timothée

Si vous allez au Vietnam et à Sa Pa, il faut contacter Em pour aller dormir chez elle et faire des balades. Voici sa page facebook: www.facebook.com/em.ghenh